Guide

L’assistant IA de cahier des charges expliqué

Par l’équipe ArchiMindMis à jour le

Le travail que l’assistant essaie de faire

Un cahier spécial des charges ne s’écrit pas à partir de rien. Il se compose : un référentiel publié contient des milliers d’articles, votre projet en demande quelques centaines, et le document doit citer les bons, dans la bonne édition, avec les valeurs que le texte laisse ouvertes.

Le travail pénible n’est donc pas la rédaction. C’est la sélection, la cohérence entre le texte et le métré, et la relecture avant émission. C’est là qu’un assistant a quelque chose à apporter, et c’est aussi là qu’il faut savoir ce qu’il fait exactement.

Ce qu’un assistant peut proposer

Quatre gestes, pas un seul.

Il peut proposer d’ajouter un article de votre modèle à l’arbre du projet. Il peut rédiger le texte d’une sous-section d’un article, la description ou l’exécution par exemple. Il peut proposer d’écarter une sous-section qui ne concerne pas le projet. Et il peut proposer un poste de métré rattaché à un article, avec son unité, sa quantité et le détail du calcul.

Chaque proposition nomme l’article de votre propre modèle auquel elle s’applique. C’est structurel : une proposition sans cible n’existe pas. C’est aussi la première chose à regarder, parce qu’une bonne clause au mauvais endroit reste une erreur.

L’assistant peut expliquer par ailleurs ce qu’il propose. Cette explication est utile et elle n’est pas une citation : elle dit pourquoi il propose, pas d’où le texte sortirait. La différence compte, et nous y revenons plus bas.

Ce qui reste la décision de l’architecte

Cinq choses, et aucune n’est automatisable.

Le référentiel et son édition. Ils sont désignés par le marché, pas choisis par l’outil.

Les articles applicables. Un bâtiment n’est pas une somme de cases à cocher : ce qui entre dans le document dépend du programme, du budget et des choix de conception.

Les valeurs laissées ouvertes. Le CCTB signale les passages que le projet doit compléter. Ce sont des décisions techniques, pas des trous à remplir.

Les dérogations et les clauses propres au projet. Elles existent parce que le texte type ne prévoit pas votre cas.

La cohérence avec les plans. Aucun assistant ne lit vos plans à votre place.

Ce qu’un assistant ne fait pas

Il ne signe pas. La responsabilité professionnelle suit l’auteur du document, et une proposition acceptée devient votre clause.

Il ne décide pas de la conformité. Les contrôles de contenu signalent des points d’attention sans rien interdire : ils suggèrent, vous tranchez. D’autres contrôles peuvent en revanche retenir un export, par exemple tant qu’une génération est encore en cours.

Il ne garantit pas le texte qu’il produit. C’est écrit dans nos conditions d’utilisation : le contenu produit avec l’IA est fourni à titre de projet et vous restez tenu d’en vérifier l’exactitude avant de vous en servir.

Il ne remplace pas la lecture. Une clause que vous n’avez pas lue est une clause que vous ne pourrez pas défendre à la réception.

Et il ne cite pas un texte normatif. C’est la confusion la plus répandue, et la plus coûteuse : un assistant de rédaction produit du texte, il ne vous apporte pas la norme derrière. Quand une norme apparaît dans un texte proposé sans que le matériau de départ la portait, elle vous est signalée au moment où ce texte est écrit, dans l’éditeur, au lieu d’être supprimée en silence, parce qu’une citation légitime reste votre décision.

Vérifier une proposition en trois gestes

Ces trois gestes valent quel que soit l’outil.

  1. Lisez l’index et le titre de l’article visé, et confrontez-les à l’édition que votre marché cite.
  2. Ouvrez ce que la proposition désigne et vérifiez que le texte dit bien cela. Une explication plausible n’est pas une preuve.
  3. Contrôlez l’unité et la clause de mesurage du poste rattaché. C’est là que les écarts coûtent de l’argent, pas dans la prose.

Dans ArchiMind

La génération écrit dans le document. Elle prend un point de reprise avant la première modification, puis applique ses propositions ; si elle ne peut pas prendre ce point de reprise, elle n’écrit rien et les propositions restent en attente. Vous ne validez donc pas clause par clause avant qu’elle n’atterrisse : vous relisez un document déjà rédigé.

L’assistant de conversation fonctionne à l’inverse. Chaque écriture qu’il propose attend votre confirmation avant d’être appliquée.

Sur le métré, la quantité que porte votre maquette prime. Notre propre mesure géométrique sert de contrôle croisé, et un désaccord entre les deux est enregistré et montré plutôt que tranché en silence. Le contrôle des quantités ne modifie rien de lui-même : il peut vous proposer une valeur reprise d’une ligne de votre propre maquette, et l’appliquer reste une écriture que vous confirmez.

Les prix demandent votre vigilance. Le produit ne porte aucune base de prix. L’assistant a pour consigne de laisser la case vide quand il n’a pas de source, et ce qui est enregistré est une provenance déclarée, pas une provenance vérifiée. Contrôlez un prix avant de vous en servir.

Ce que la maquette IFC apporte, en deux parts. Sont lus dans le fichier : les niveaux, les éléments et le tableau des quantités. Sont produits par le modèle : une description courte du projet et une classification. Les premiers viennent de votre fichier, les seconds sont une proposition, et il ne faut pas prendre les uns pour les autres.

Par où entre un projet. Il démarre d’un export .cdcx de VitruV ou d’une maquette IFC. L’import d’un document Word ou PDF n’est pas encore disponible et arrive bientôt.

Les limites, en termes lisibles. L’essai dure quatorze jours et couvre un projet. Les formules se distinguent ensuite par le nombre de projets et le nombre de sièges.

Ce qu’il faut retenir

Un assistant de cahier des charges sélectionne, rédige et rattache. Il ne choisit pas le référentiel, ne décide pas de la conformité et ne signe rien. La question utile n’est pas s’il se trompe — il se trompera — mais si vous voyez où, et assez tôt pour que la correction soit gratuite.

Pour aller plus loin : le CCTB expliqué, quel référentiel s’applique à votre projet, et les définitions du cahier des charges et du cahier spécial des charges.

Questions fréquentes

Une IA peut-elle rédiger seule un cahier spécial des charges ?

Non, et aucun outil sérieux ne le prétend. Le document engage la responsabilité de son auteur : le choix du référentiel et de son édition, celui des articles applicables, les valeurs laissées ouvertes et les dérogations relèvent de l’architecte. Un assistant propose des candidats et accélère la mise en forme ; il ne décide pas.

Qui est responsable d’une clause proposée par une IA ?

L’auteur du document, comme pour une clause recopiée d’un ancien projet. Une proposition est un brouillon, pas un acte. Nos conditions d’utilisation le disent : le texte produit avec l’IA est fourni à titre de projet et vous restez tenu d’en vérifier l’exactitude et la pertinence avant de vous en servir.

Comment savoir d’où vient une proposition ?

Chaque proposition nomme l’article de votre propre modèle auquel elle s’applique : c’est ce qui vous dit où elle atterrit dans le document. L’assistant peut expliquer aussi ce qu’il propose. Attention à ne pas lire cette explication comme une citation d’un texte normatif : ce sont deux choses différentes.

Un assistant IA remplace-t-il VitruV ?

Non. VitruV est l’application gratuite du Service public de Wallonie pour composer un cahier spécial des charges à partir du CCTB. Un assistant de rédaction est un autre outil, qui suit le même texte de référence. Le SPW précise d’ailleurs que l’usage de son application n’est pas obligatoire.

Que se passe-t-il si une proposition est fausse ?

Vous la corrigez ou vous la supprimez, comme n’importe quel brouillon. C’est pourquoi la génération prend un point de reprise avant d’écrire : si toute une passe part de travers, vous n’avez pas à reconstruire le document à la main. Les contrôles de contenu signalent ensuite les points qui méritent un second regard.

L’IA connaît-elle l’édition du CCTB citée par mon marché ?

L’édition applicable est un fait du marché, pas de l’outil : elle est désignée par le cahier spécial des charges. Le produit travaille sur le référentiel que porte votre projet, et les contrôles signalent une référence que l’édition en vigueur a retirée ou renumérotée. La désignation reste votre geste.

Passez du CCTB au cahier spécial des charges dans ArchiMind.

Importez votre projet .cdcx ou votre maquette IFC, laissez l’IA proposer les clauses sur votre propre modèle, et contrôlez le document avant émission. 14 jours gratuits, sans carte bancaire.